En 2014, basée sur un large consensus, la loi Muylle mettait de l’ordre dans la profession de psychothérapeutes et offrait des garanties aux patients. En 2016, sans concertation et malgré de larges protestations, Maggie De Block, modifiait cette loi dont la Cour Constitutionnelle a annulé un article (2017), tout en maintenant l’essentiel (2018).

On trouvera ici une Coordination officieuse de la loi

Printemps 2018: les psychothérapeutes, toujours en désaccord avec la loi, évaluent différentes options qui permettent de pratiquer selon les principes de qualité qu’ils avaient précisé dans un Memorandum. Précisons d’emblée quelques points:

Quelles sont les mesures transitoires?
Suite à un arrêt de la Cour Constitutionnelle, « les personnes qui, avant l’entrée en vigueur de la loi attaquée [le 1ier septembre 2016], exerçaient la pratique de la psychothérapie sans satisfaire aux exigences de cette loi peuvent continuer à exercer cette pratique en attendant que le législateur prenne les mesures transitoires nécessaires pour réparer l’inconstitutionnalité constatée par la Cour. »

La psychanalyse est-elle concernée par la loi ?
Non, si l’on se réfère au fait que la loi du 16 juillet 2016 n’a fait que modifier la définition de la psychothérapie de la loi initiale.  Or, celle-ci indique, dans le commentaire de l’article régissant l’exercice de la psychothérapie :

« Il convient de préciser que, dans ces 4 courants reconnus actuellement (les 4 orientations arrêtées par le Conseil Supérieur d’Hygiène), la psychanalyse n’est pas nommée. Ce qui est nommé, ce sont les « psychothérapies d’orientation psychanalytique ». Un psychothérapeute psychanalytique, pour exercer et pour porter ce titre, devra avoir obtenu l’habilitation prévue à cet effet. L’exercice de la psychanalyse et le port du titre de psychanalyste n’est pas du ressort de la présente loi. »  (DOC 53 – 3243/001, p. 12).

D’autres pratiques que la « psychothérapie » sont-elles possibles ?
Oui, si les associations dont les professionnels souhaitant exercer d’autres pratiques (l’entretien d’orientation analytique, systémique, humaniste… par exemple) les définissent. Cela devra être clairement défini, mais on notera qu’elles ne devront raisonnablement pas pousser l’exigence juridique plus loin que celle opérée ici par le législateur entre « l’exercice de la psychologie clinique » et « l’exercice de la psychothérapie » pour laquelle le Conseil d’État dit  : «  la différence entre elles n’apparaît pas de manière suffisamment nette sur le plan juridique dès lors notamment qu’elles évoquent toutes deux la relation qui s’établit entre le professionnel et la personne en difficulté qui y fait appel » (DOC 54 1848/001 pg 95)

Le titre de psychothérapeute est-il protégé?
La profession de psychothérapeute n’est pas réglementée mais bien l’exercice de la psychothérapie.

Une note plus détaillée relative aux différentes options est disponible ici