Au détriment des patients, Maggie De Block saccage le champ des psychothérapies.

En 2014, basée sur un large consensus, une loi mettait de l’ordre dans la profession de psychothérapeutes et offrait des garanties aux patients
Aujourd’hui, sans concertation, Maggie De Block  supprime cette loi et régente une profession dont elle ignore manifestement tout.
Les patients seront les premiers à en pâtir. Et pour longtemps.

Avril 2014, une loi qui fait consensus
En 2014 était votée au Parlement une législation relative aux psychothérapies. Cette législation faisait l’objet d’un consensus scientifique, était basée sur l’avis du Conseil Supérieur d’hygiène et faisait suite à une large concertation avec des professionnels de la santé mentale. Cette législation faisait également l’objet d’un consensus politique tant au niveau du Gouvernement (Laurette Onkelinx, Ministre de la Santé) que du Parlement (Nathalie Muylle et consorts).

Février 2016, Maggie De Block veut supprimer la loi
Au début de l’année 2016, Maggie De Block proposait un avant projet de loi supprimant celle de 2014 et réduisant la complexité de ce domaine et la nécessité de formations aussi spécifiques que diversifiées permettant d’appréhender les besoins des patients.

Février 2016, les professionnels adressent un Memorandum à Maggie De Block
Face à ce formatage simplificateur, plus de 70 représentants d’Associations professionnelles ou de formation adressaient à la Ministre le Memorandum pour une psychothérapie rigoureuse et soucieuse des patients. Ce Memorandum, basé sur l’avis du Conseil Supérieur d’hygiène détaillait les six points suivants :

  1. La psychothérapie est une offre de soins spécifique.
  2. La pluralité des orientations psychothérapeutiques est bénéfique au patient.
  3. La formation de base ou des prérequis sont nécessaires avant une formation de psychothérapeute.
  4. Une formation spécifique des psychothérapeutes est ensuite indispensable.
  5. Il revient au psychothérapeute d’assumer la responsabilité de l’indication d’une psychothérapie.
  6. Dans ce domaine, il faut dépasser les limites de “l’evidence based medecine”.

Juin 2016, sourde à ces avis, Maggie De Block présente sa loi au parlement
Sourde au Memorandum et au Conseil d’État qui recommande des nuances, récusant l’invitation d’experts en Commission de la Chambre, refusant d’écouter les arguments proposés par amendements… Maggie De Block veut, au pas de charge, faire voter SA loi de la manière la plus politicienne et simpliste : majorité contre opposition.

Mardi 28 juin 2016, une lettre ouverte au premier ministre : Face au manque de concertation de la Ministre, plus de 250 institutions professionnelles, de formation, de soins ainsi que des enseignants universitaires, de hautes école… écrivent solennellement au Premier ministre Charles Michel afin qu’il suspende le vote de la loi De Block sur les psychothérapies.

Jeudi 30 juin : Vote de la loi qui est publiée le 29 juillet au Moniteur Belge (Numac : 2016024159)

Septembre 2016, un potentiel chaos
La loi est d’application, de nombreux professionnels – et donc des patients – sont menacés de devoir interrompre leur psychothérapie. Il en va de même pour des formations spécifiques mises en place depuis des années.
Alors, à quoi s’attendre ? A des recours et autres arguties juridiques sans fin. A de la désobéissance civile. A d’interminables débats avant une nouvelle loi.
Mais le pire : à une baisse de qualité des soins.

Octobre 2016, les recours
Un recours en suspension a été déposés auprès de la Cour Constitutionnelle. Un recours en annulation est en préparation.
Maggie De Block présente sa note de politique générale et annonce les arrêtés d’application (Pg 57)

Novembre 2016
Le 16, débat en Commission de la santé publique, de l’environnement et du renouveau de la société (à partir de la page 12)
Le 23, publication des arrêtés d’exécution relatifs au Conseil fédéral des professions des soins de santé mentale et aux critères pour que les associations professionnelles soient désignées comme représentatives