La formation des psychothérapeutes

Nous allons balayer les différents éléments de formation des psychothérapeutes et préciserons chaque fois ce qui est prévu ou non par la loi, ou ce qui relève des recommandations du Conseil supérieur de la santé (CSS), ce qui éventuellement ne fait pas l’objet de consensus.

Ne serait-il pas éclairant que les associations de psychothérapeutes se positionnent par rapport aux différents aspects de la formation?

1. Suivre ou avoir suivi soi-même une psychothérapie

La plupart des psychothérapeutes conviennent du fait qu’il est nécessaire de suivre eux-même une psychothérapie (au moins une: les psychanalystes en font souvent plusieurs). Ceci pour au moins deux raisons:

  • accepter l’idée qu’il a lui aussi ses zones obscures à explorer, de petites (grandes?) folies à apprivoiser, vivre de l’intérieur ce que le patient va vivre et transférer sur son thérapeute, appréhender (un peu) mieux le fonctionnement de l’inconscient…
    Les psychothérapeutes qui ne travaillent pas sur base  de l’exploration de l’inconscient estiment parfois que cette étape n’est pas nécessaire.
  • réfléchir à ce qui amène à ce choix professionnel. Qu’il s’agisse de vouloir sauver sa famille, d’avoir de l’emprise sur d’autres ou d’être poussé par une des mille autres raisons inconscientes possibles… autant tenter d’y voir plus clair avant de s’embarquer (et d’embarquer d’autres!) dans une des psychothérapies. L’enfer est pavé de bonnes intentions et la propension à “vouloir aider les autres” cache parfois de biens étranges motifs.

Ce point n’est pas prévu par la loi. Bien qu’essentiel, il est assez logique qu’il n’entre pas dans une législation car si toute la formation du psychothérapeute relève aussi de son développement personnel ce point en constitue une étape très particulière qu’il n’y a pas lieu de légiférer.

2. Avoir une formation de base

Le CSS indique que “Vu l’importance des bases scientifiques et de la complexité de l’évaluation de la pratique psychothérapeutique, cette formation de base doit être au minimum de niveau maîtrise.” (…)

Les professionnels de la santé candidats à une formation spécifique en psychothérapie auront suivi avec fruit les enseignements de niveau maîtrise énumérés ci-dessous. Dans le cas contraire, ils auront à suivre les compléments de formation suivants: anthropologie, psychologie du développement, psychologie psychodynamique, processus d’apprentissage, neurosciences, pathologie générale, introduction à la psychopharmacologie, psychopathologie et psychiatrie, psychodiagnostic général, psychodiagnostic clinique, consultation psychologique, introduction aux méthodes psychothérapeutiques, déontologie et éthique professionnelle.”

La loi a voulu être plus précise dans le type de formation de base. Elle indique qu’il faut “être porteur, au minimum, d’un diplôme de premier cycle d’enseignement supérieur dans le domaine des professions de santé, de la psychologie, des sciences de l’éducation ou des sciences sociales, sanctionnant une formation qui […] compte au moins trois années d’études ou 180 crédits ECTS;

S’il y a un consensus sur le fait que la formation de base doit avoir un niveau équivalent à une maîtrise quitte à ce que des cours complémentaires aient été suivis; il n’y a pas de consensus sur le fait que la formation de base soit limitée à certaines études (voir la psychanalyse laïque)

3. Suivre un formation spécifique “à la psychothérapie comportant au moins 500 heures de formation théorique, et un stage de minimum 1 600 heures de pratique clinique supervisée dans l’une des orientations psychothérapeutiques reconnues.” (Loi)

Le CSS précisait que “Le psychothérapeute en formation doit travailler au moins 1200 heures dans les soins de santé mentale sur une période de 3 ans (ce qui représente habituellement 10h/semaine). La pratique psychothérapeutique du candidat psychothérapeute doit porter sur quatre systèmes-patients/clients (c.- à-d. séances avec un individu isolé ou un système social comme un couple, une famille, un groupe…) au minimum par semaine.”

4. Obtenir une reconnaissance

Ce point n’est pas prévu par la Loi, le CSS recommandait “un travail de fin d’études approuvé permettant au candidat de prouver sa compétence dans le cadre de référence choisi.”. Certaines formations prévoient un travail de fin d’étude, d’autres prévoient une autre manière de faire reconnaître sa pratique (jury, par exemple)

 5. Poursuivre une formation continuée

Le CSS indiquait que “La formation continuée comprend non seulement l’élargissement et l’approfondissement des connaissances théoriques, mais également la mise à l’épreuve régulière, entre confrères, de sa propre pratique thérapeutique et un travail de formation personnelle. Un psychothérapeute en exercice reste au courant de la littérature scientifique récente (au moyen de revues, de séminaires, de congrès scientifiques,…), participe à des inter-visions ou supervisions interdisciplinaires et transdisciplinaires de sa propre pratique psychothérapeutique.”

Ce point-ci fait également consensus au sein de la profession.