La psychanalyse laïque

L’analyse laïque (ou profane)  est celle qui est pratiquée par un psychanalyste qui est pas issu d’une faculté (de médecine du temps de Freud, de psychologie ou équivalent aujourd’hui). Cela signifie qu’il n’y a pas de lien entre la formation théorique de base du psychanalyste et le fait qu’il le devienne.

Pour le psychanalyste, l’aspect le plus important de la formation réside dans sa psychanalyse personnelle (il en fait souvent plusieurs) menée suffisamment loin pour pouvoir être à même de prendre en charge des patients.

Ceci n’est bien sûr pas suffisant et se voit complété de séminaires théoriques, supervisions, etc…

Le débat n’est pas neuf, dans les années 20, les autorités viennoise accusèrent le psychanalyste Th. Reik, d’être un charlatan. Freud pris sa défense, notamment en publiant son texte “Psychanalyse et médecine” ou “La question de l’analyse profane”(1925). Il y pose la question “Quelle est la formation la plus appropriée pour un analyste? Je pensais, dit-il, et je soutiens encore aujourd’hui, que ce n’est pas celle que l’univer­sité prescrit au futur médecin. La soi-disant formation médicale me semble être un détour pénible, elle donne, il est vrai, à l’analyste beaucoup de ce qui lui est indispensable, mais elle le charge en plus de nombreuses choses qu’il ne pourra jamais utili­ser, et elle apporte avec elle le danger que son intérêt comme sa manière de penser soient détournés de la compréhension des phénomènes psychiques.”(postface)

En d’autres mots la psychanalyse requiert une “connaissance” de l’inconscient et la formation universitaire est, par nature, centrée sur un apprentissage conscient, rationnel qui peut donner une illusion de maîtrise, bien éloignée du fonctionnement psychique.