Quelques psys à éviter: # 6 Les brefs

La fulgurance de son intelligence lui permet de mener des séances de cinq minutes. Grâce à sa perspicacité, il peut scander le discours et renvoyer la fin de la phrase au prochain rendez-vous. D’ici là, le patient pourra réfléchir au pourquoi il a été coupé, précisément là, sur ce mot (d’ailleurs ce n’est pas un mot mais un signifiant !). Et, prodige! Même si la raison de l’interruption est d’éteindre le feu sous les pommes de terre, cette coupure sera féconde ! Le patient – s’il est bon – pourra élaborer et, si ce n’est le cas, cela viendra bien un jour. Oui, un jour… Peut-être.
D’autres brefs, mènent des séances d’une durée standard mais pratiquent la thérapie brève. Inutile de venir déballer toute votre vie, pas besoin de chercher le pourquoi du comment, en quelques mois en quelques semaines, vous voilà retapés.

Décodage
Il arrive que l’interruption brutale d’une séance mette le halte-là à une plainte aussi interminable que stérile (ou provoque une décompensation…). De même une intervention brève peut produire plus d’effets qu’une longue thérapie. De tels moments sont salvateurs et c’est la raison pour laquelle il est important que des psychothérapeutes chevronnés travaillent dans les structures hospitalières, maisons d’accueils, foyers pour jeunes… Un mot entre deux portes, un jeu avec une mère et son enfant, une écoute autour d’un café peuvent avoir des effets bénéfiques sur toute une vie.
Aussi fulgurant que le coup de bâton d’un maître zen sur notre crâne, aussi magique que l’apprentissage d’une langue en dormant, nous avons tous rêvé d’une thérapie express et sans peine. Malheureusement, le changement personnel a besoin de temps. Malgré les souffrances qu’elles occasionnent, nos ornières nous offrent un certain confort et c’est avec grand peine que nous acceptons de nous en éloigner… un peu, avant d’oser les quitter.